Dans plusieurs papiers, j’ai parlé de l’exemple que les amateurs de train devraient donner en voyageant en train. Ils ne sont pas seuls.

Si j’étais chef de parti de politique (peu probable, vu ma forte propension à ne pas m’adonner aux pots de vin, me coller sur le pouvoir et surtout, ne pas suivre de ligne de partie!), tous les députés demeurant à moins de 500 km d’Ottawa, et dont le comté est desservi par VIA Rail, devrais obligatoirement se rendre au Parlement en train.

La même mesure s’appliquerait au niveau provincial, avec la limite de kilométrage en moins. Tu es desservi par VIA Rail? Alors, embarque!

Au niveau fédéral, l’inexistence de cette mesure est moins excusable. Bon, pour la distance, il faut être réaliste. Le trajet Vancouver-Ottawa en train prend quatre jours, ce qui n’est pas réaliste pour la fonction de député. Mais pour les voyages de moins d’une journée, c’est faisable. Ainsi, les députés de Toronto, Montréal et Québec, ainsi que tous ceux entre ces villes devront se rendre à Ottawa par train.

Sur la carte des comtés, c’est presque la moitié des députés fédéraux qui se rendront ainsi à Ottawa par les rails. C’est logique, puisque la majorité de la population du pays vit dans ce corridor.

Imaginez : la moitié des députés fédéraux, c’est près de trois voitures complètes chez VIA! Fait non négligeable, VIA est une société de la Couronne. Et à l’heure où j’écris ces lignes, les députés ne paient pas leur passage. Ils ont déjà l’opportunité de voyager gratuitement. Reste seulement à leur forcer la main.

Il y a fort à parier que suite à la médiatisation d’une telle mesure, il y aurait un effet d’entraînement. N’oublions pas que plusieurs députés ne voyagent pas seuls. En plus de leur assistant, il y a aussi des membres de leur famille. Autant de clients qui pourront en discuter avec leur entourage, et faire la promotion de ce moyen de transport.

Une mesure qui ne coûterait pratiquement pas un sou de plus, et qui ferait même sauver de l’argent dans certains cas (avec les billets d’avion annulés). La seule ombre au tableau : quel premier ministre aura le culot de la mettre en application?